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# Posté le lundi 02 octobre 2006 06:52

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 12:48

Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud
Les corbeaux

Seigneur, quand froide est la prairie,
Quand dans les hameaux abattus,
Les longs angelus se sont tus...
Sur la nature défleurie
Faites s'abattre des grands cieux
Les chers corbeaux délicieux.

Armée étrange aux cris sévères,
Les vents froids attaquent vos nids !
Vous, le long des fleuves jaunis,
Sur les routes aux vieux calvaires,
Sur les fossés et sur les trous
Dispersez-vous, ralliez-vous !

Par milliers, sur les champs de France,
Où dorment des morts d'avant-hier,
Tournoyez, n'est-ce pas, l'hiver,
Pour que chaque passant repense !
Sois donc le crieur du devoir,
Ô notre funèbre oiseau noir !

Mais, saints du ciel, en haut du chêne,
Mât perdu dans le soir charmé,
Laissez les fauvettes de mai
Pour ceux qu'au fond du bois enchaîne,
Dans l'herbe d'où l'on ne peut fuir,
La défaite sans avenir.

Arthur Rimbaud

# Posté le lundi 02 octobre 2006 07:00

Modifié le lundi 15 octobre 2007 15:19

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# Posté le lundi 02 octobre 2006 07:26

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 12:40

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# Posté le lundi 02 octobre 2006 07:34

Modifié le vendredi 23 mars 2007 07:10

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# Posté le lundi 02 octobre 2006 07:58

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 12:43

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# Posté le lundi 02 octobre 2006 08:03

Modifié le vendredi 23 mars 2007 07:10

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# Posté le lundi 02 octobre 2006 08:04

Modifié le vendredi 23 mars 2007 07:11

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# Posté le lundi 02 octobre 2006 08:08

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 13:11

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# Posté le lundi 02 octobre 2006 08:09

Modifié le vendredi 23 mars 2007 07:11

Stéphane Mallarmé

Stéphane Mallarmé
Apparition

La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs

Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs

Vaporeuses, tiraient de mourantes violes

De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.

C'était le jour béni de ton premier baiser.

Ma songerie aimant à me martyriser

S'enivrait savamment du parfum de tristesse

Que même sans regret et sans déboire laisse

La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.

J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli

Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue

Et dans le soir, tu m'es en riant apparue

Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté

Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté

Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées

Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.


Stéphane Mallarmé

# Posté le lundi 02 octobre 2006 08:36

Modifié le vendredi 23 mars 2007 10:46